“À quoi rêve le mont Saint-Clair ?” : Yuka Matsui, artiste calligraphe japonaise, peint la montagne dans la mer

"À quoi rêve le mont Saint-Clair ?" : Yuka Matsui, artiste calligraphe japonaise, peint la montagne dans la mer

Yuka Matsui, la calligraphe japonaise, expose ses variations picturales à la librairie l’Echappée Belle. Hélène Amiraux

Amoureuse de Sète et du mont Saint-Clair, l'artiste calligraphe Yuka Matsui propose une série 15 variations picturales à la galerie l’Échappée belle, jusqu’au 13 juillet.

La calligraphe performeuse japonaise Yuka Matsui revient à Sète cet été, avec une exposition inspirée par un emblème bien local, le mont Saint-Clair. Une série d’œuvres picturales, invitant les couleurs vives sur son papier washi, baptisée "Les trente-six vues du mont Saint-Clair". "À quoi rêve le mont Saint-Clair ?" se demande l’artiste pour créer une sorte de dialogue entre le kami – esprit japonais d’une personne ou d’un lieu – de la colline singulière et celui du mont Fuji, dont le grand peintre japonais Hokusaï, de l’époque Edo au milieu du XIXe siècle, avait imaginé lui aussi 36 vues.

"Le Saint-Clair, j’en ai fait un personnage"

Des tableaux aux titres évocateurs, Au miroir de la lagune, Le mont citron, ou encore Outre-mont Saint-Clair, en référence à Soulages avec lequel la Japonaise a échangé à partir de 2018, ont alors pris forme. C’est à cette époque qu’elle "découvre le Saint-Clair, le bleu magnifique du ciel, la lumière qui se reflète dans la mer. Dans cette série j’en ai fait un personnage", décrit l’artiste vêtue du traditionnel kimono.

Pour l’instant, quinze toiles, créées au Japon, variations en trois couleurs chacune du fameux mont saint-clairien, sont actuellement visibles aux cimaises de la galerie de la librairie l’Échappée belle. Yuka Matsui, qui peint d’un seul geste, avait eu l’occasion de réaliser les deux premières vues de sa série en résidence à la galerie ATENA, l’an dernier.

Sur l’une d’entre elles, l’artiste s’amuse à mettre en miroir La grande vague, célèbre cliché sétois de Gustave le Gray et la non moins célèbre étampe de Hokusai (1830), aujourd’hui icône de la pop culture.

Art du décalage

Dans un jeu de cloisonnement avec le support, Yuka Matsui s’inscrit à mi-chemin entre l’art japonais traditionnel et l’art contemporain qui n’est pas sans rappeler certaines formes d’arte povera. "J’ai récupéré du bois provenant de portes et de fenêtres coulissantes d’anciennes maisons japonaises. La lumière y entre mais on ne voit pas à l’extérieur, uniquement des ombres. Ces maisons sont en train de disparaître, parce qu’elles ne sont pas assez isolées. Au Japon, il n’y a pas vraiment de conservation". L’artiste découpe ce bois Shōji pour en faire des petites loggias, d’où surgissent couleurs et contrastes. En découle un style qui mélange celui bien occidental de Charlotte Perriand au "tigaidana", l’art du décalage en architecture japonaise.

Pour mieux connaître son univers, Yuka Matsui donne rendez-vous pour une séance de signatures du livre de poésie illustré Éléments ce mercredi 10 juillet, de 17 h 30 à 19 h, à la librairie l’Échappée belle.

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