Agression lors du festival des fanfares à Montpellier : “Il était en train de m’étrangler”, le caractère homophobe de l’attaque reconnu
L’agression s’était produite dans une petite rue du quartier Boutonnet ML - GR
Le 1er juin, une jeune femme qui se trouvait avec sa petite amie avait reçu une multitude de coups. Ses trois agresseurs ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Montpellier, ce 17 juillet.
Dans la soirée du 1er juin, le festival des fanfares battait son plein aux Beaux-Arts et à Boutonnet. Deux jeunes femmes, assises et enlacées sur le trottoir d’une petite rue, avaient été prises à partie par plusieurs personnes. L’une d’entre elles avait été frappée à de multiples reprises. Un de ses amis, qui s’était porté à son secours, avait aussi reçu des coups.
À la suite d’une enquête de police, quatre jeunes – trois hommes et une femme – avaient été identifiés. L’un d’entre eux – Rudy, qui devait être placé sous bracelet électronique peu après les faits, pour une autre affaire – n’a pas encore pu être interpellé. Ils étaient donc trois – David, Bryan et Jessica – à comparaître devant le tribunal correctionnel de Montpellier, ce mercredi 17 juillet, notamment pour violence aggravée par deux circonstances, dont “l’orientation sexuelle de la victime”.
Lors d’une première comparution, le 28 juin, ils avaient demandé un délai pour préparer leur défense. Placés sous contrôle judiciaire, David et Bryan avaient été obligés de se tenir éloignés de Montpellier jusqu’au procès. Ils résident en effet à Boutonnet, à proximité du domicile de leurs victimes.
"Il était en train de m’étrangler"
Ce 17 juillet, ils étaient de retour au tribunal, tout comme Jessica qui n’avait pas comparu le 28 juin, ayant fait un malaise avant l’audience. C’est elle qui avait mis le feu aux poudres, le 1er juin. En voyant les deux femmes, Jessica avait lancé à l’une d’elles : "tu veux faire l’homme, tu veux te battre comme un homme ?"
Celle qui avait été insultée s’était levée pour demander des explications. Jessica avait alors appelé son fiancé, David, qui avait porté les premiers coups, aussitôt rejoint par Rudy. Devant les juges, Jessica et David ont nié les faits, ce dernier ne reconnaissant avoir "donné qu’une gifle parce qu’elle m’avait mordu au pouce". "Il était derrière moi en train de m’étrangler avec son bras", a expliqué la principale victime.
Face aux questions de la juge Alix Fredon, David a reconnu qu’il avait menti en garde à vue en déclarant que sa victime avait porté le premier coup ce soir-là.
Des peines d’emprisonnement
Au bout de cinq heures de procès, seuls David et Jessica ont été condamnés pour les “violences en raison de l’orientation sexuelle de la victime”. Leurs avocats, Me Tursan et Peytavin-Stockmann avaient plaidé la relaxe. Seules les violences en réunion ont été retenues à l’encontre de Bryan, qui n’était pas là au moment des insultes homophobes, comme l’avait plaidé Me Paul Gallix.
David, âgé de 27 ans et déjà condamné trois fois, a écopé de 12 mois de prison dont 6 avec sursis. Il effectuera la partie ferme de sa peine sous bracelet électronique.
Bryan, 19 ans, s’est vu infliger 8 mois d’emprisonnement ferme, peine qui sera là aussi accomplie sous surveillance électronique. Peu avant cette agression, il avait été condamné à 18 mois d’emprisonnement pour un vol avec effraction.
Enfin, Jessica, 27 ans, a écopé de 4 mois de prison avec sursis. Elle a été relaxée des violences sur le jeune homme.
Les dédommagements concernant la principale victime, qui va subir une expertise médico-psychologique, seront déterminés en 2025. D’ici là, les prévenus devront dédommager le jeune homme, ainsi que l’amie de la victime qui s’était constituée partie civile. Jessica et David ont été condamnés à verser un euro symbolique à l’association Fierté Montpellier Tignes Pride, également partie civile.
Les trois prévenus ont interdiction de fréquenter leurs victimes, paraître à leur domicile et détenir une arme. Ils devront suivre des soins, et travailler ou suivre une formation.
"Je souffre de crises d’angoisse"
Le 1er juin, le calvaire de la jeune femme ne s’était pas arrêté là. Prenant la fuite par la rue Lakanal, elle avait de nouveau été frappée par plusieurs hommes, dont Bryan, qui porte le même nom de famille que Jessica, et a également nié les faits.
Confrontés aux photos du visage tuméfié de la victime, aucun n’a fourni d’explication.
Lorsqu’elle avait difficilement réussi à porter plainte, deux jours après les faits, elle avait encore de multiples ecchymoses, abrasions et lésions sur le visage. Les violences du 1er juin avaient fait une deuxième victime : un ami qui s’était porté au secours de la jeune femme. Celui-ci avait également été frappé par David et Rudy, puis par Bryan dans un second temps.
"Je souffre de crises d’angoisse et je prends des anxiolytiques depuis les faits, a confié la principale victime au tribunal. Je suis toujours en arrêt de travail et j’ai le stress de recroiser mes agresseurs." Parce qu’il reconnaît le caractère homophobe de l’agression, ce jugement devrait contribuer à aider la victime à se reconstruire.
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