Dix collégiens de Sommières, sans téléphone portable ont passé quatre nuits et trois jours dans les Cévennes

Pendant quatre jours, des collégiens de Sommières, d’habitude hyperconnectés accompagnés par trois ânes et encadré par deux enseignants, ont participé à une randonnée, sans téléphone portable, dans les Cévennes.

C’est l’inquiétude de tous les parents. Comme faire décrocher leurs gamins, "addicts" au téléphone portable, aux réseaux sociaux (TikTok et compagnie), aux jeux en réseau.

À Sommières, deux enseignants du collège Gaston-Doumergue – Wadi Benjou, professeur de technologie et Muriel Auguste, professeur d’Espagnol, ont contacté des parents d’élèves et convaincu douze collégiens, de 4e et de 5e (des enfants considérés comme étant hyperconnectés), de participer à séjour de déconnexion dans le parc national des Cévennes.

"Quand les élèves passent beaucoup de temps sur TikTok et sur les écrans, confie Wadi Benjou, avec l’effet de la dopamine, leurs capacités à être curieux et attentif sont diminuées. Et en classe, leur niveau de concentration est trop fluctuant. Surtout en fin de journée. Cela a des conséquences sur les apprentissages, leur scolarité. C’est pourquoi nous leur avons proposé ce séjour déconnecté."

Se passer du téléphone et être dans l’action

Pour les deux enseignants, "le but est de faire comprendre à ces élèves qu’ils peuvent se passer du téléphone portable à partir du moment où ils sont dans l’action. On peut alors imaginer d’autres choses et les partager avec ses camarades."

Le départ était fixé ce lundi 3 juin à Aumessas. Les téléphones portables sont donc restés à la maison. Au programme, des randonnées chaque jour, des soirées sous le ciel des Cévennes, un peu de musique, des nuits sous la tente, des discussions, le silence, des rires, le respect de l’autre, des découvertes…. La petite troupe a parcouru plus de 40 km et franchi quelques dénivelés dont le premier fut plutôt coriace.

Les trois ânes et leur guide

Le séjour – sans écran, sans téléphone – a été baptisé Ado Ânes et il y a une raison. Pendant ces quatre jours et trois nuits, ces adolescents et leurs deux enseignants ont été accompagnés par les ânes de Paul Remise, un guide "fabuleux," selon les ados et les enseignants, que nous avons rencontrés sur le chemin du retour, ce jeudi. "L’âne est un animal auquel on peut avoir une totale confiance, commente Paul Remise. C’est un confident. Un être d’une douceur incroyable qui vous renvoie une image très positive de vous-même".

"Je me sens plus apaisée"

"Je suis content, clame, Enzo, croisé, ce jeudi, en fin d’après-midi, sur le chemin du retour. L’adolescent escorte l’âne, Pascaline qui transporte une partie du bivouac. "Je suis avec lui depuis trois jours" " Moi, je me sens plus apaisée", commente une adolescente. " "Oui, c’était chouette", confie Manon. "En vrai, c’est une bonne expérience, confie une élève, à notre collègue de Via Occitanie. Cela change des habitudes d’être en plein air". " Cela nous a sensibilisés à l’écologie, et puis cela nous a fait plus aimer la nature", poursuit une élève. " Ce séjour c’est une vraie victoire, constate Muriel, professeur d’Espagnol. Ils ont retenu qu’il y a d’autres moyens pour se sentir bien… On a souhaité aussi améliorer l’écoute, ramener de l’humain, du lien entre des adolescents et nous les adultes. Ce que nous pouvons faire dans des classes de 30 élèves."

L’autre projet numérique du collège Gaston-Doumergue

" Attention, je n’ai rien contre le numérique et les réseaux sociaux", insiste Wadi Benjou, professeur de technologie et référent numérique du collège. "Quand l’élève devient esclave de son téléphone portable, des écrans oui, c’est un problème. Mais le téléphone portable peut être utilisé comme un outil constructif. C’est que nous avons proposé aux élèves qui sont partis en voyage à Salamanque en Espagne, il y a quelques mois. Nous avons, en quelque sorte, détourné l’objet pour en faire un outil et proposé à ces collégiens, de faire des reportages, mais avec leur téléphone portable. Ils ont fait les montages vidéos, rédigé des textes en langue espagnole. Le téléphone portable est alors constructif et positif."

"Je me suis fait de nouveaux potes", affirme un élève de 4e. Sa maman est venue à Aumessas pour récupérer le garçon et participe au co voiturage mis en place pour séjour, par les parents d’élèves. "Mon fils est très souvent sur les jeux vidéo en réseau, s’inquiète la maman. Son travail et ses apprentissages peuvent être bâclés. Ses exercices, il les fait très vite, pour aller ensuite sur les jeux vidéo en ligne. On a essayé de lui interdire cet accès lorsqu’il était en cinquième. Il se renfermait encore plus. Je lui dis : tu as des copains à l’extérieur. Pourquoi, tu ne les invites pas à la maison ?'"

Le but de ce séjour qui a pris fin, cette semaine, ne s’arrête pas aux Cévennes. Pour les deux enseignants qui ont porté ce projet, l’idée est d’aider ces adolescents à s’organiser par la suite, de mettre en place des temps de déconnexion réguliers pour leur travail scolaire et pour reprendre goût au réel.

Deux des douze collégiens souffrant de problèmes de santé ont dû abandonner la randonnée.

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