La Cévenole, une voie verte sur l’emprise d’un ancien chemin de fer en Cévennes, une première en Lozère

La Cévenole, une voie verte sur l’emprise d’un ancien chemin de fer en Cévennes, une première en Lozère

La Cévenole, à pied ou à vélo, entre montagnes et vallées. MIDI LIBRE – Michel Pieyre

Le syndicat mixte de la ligne verte des Cévennes a créé la Cévenole, une voie verte sur le parcours d’un ancien chemin de fer départemental centenaire, entre Florac en Lozère et Sainte-Cécile-d’Andorge dans le Gard.

"Je prenais le train depuis Saint-Julien-d’Arpaon pour aller au collège à Florac. Il y avait deux allers-retours par jour plus le train de marchandises qui transportait le plomb argentifère", se souvient Jean Guittard, 74 ans. L’homme raconte cela en arpentant la voie verte imaginée voilà plusieurs années par le syndicat mixte de la ligne verte des Cévennes, de Florac à Sainte-Cécile-d’Andorge.

La Cévenole, une voie verte sur l’emprise d’un ancien chemin de fer en Cévennes, une première en Lozère

Élus, techniciens ont arpenté la nouvelle voie verte, depuis Florac. MIDI LIBRE – Michel Pieyre

De ce temps où passaient les locomotives à vapeur, il ne restait que quelques vestiges des structures construites par les compagnons des cathédrales, au début du XXe siècle. Abandonnée en 1968, la ligne ferroviaire était devenue, dans ses parties accessibles, un lieu de promenade et de curiosité.

La première tranche de travaux de réhabilitation a débuté en 2021 et a concerné deux tronçons de 15 km, l’un de Florac à Saint-Julien-d’Arpaon (8 km), l’autre du Collet-de-Dèze à Sainte-Cécile-d’Andorge (6,2 km). Avec, en symbole de ce renouveau, une passerelle métallique construite sur le lieu-dit Le Pont Manqué, de 70 mètres de portée, près de Florac. Avec en ligne de mire, pour les années futures, un tronçon central à réinventer et qui permettra de rouvrir l’intégralité de la voie.

Une passerelle métallique

"Pour sauver la planète, contrairement à une idée reçue, il faut faire beaucoup de travaux. En zone rurale, nous avons un patrimoine de voies et de réseaux, comme ici une ancienne voie ferrée. Ce patrimoine a aujourd’hui besoin d’être transformé et entretenu", a expliqué Florent Gianordoli, secrétaire général de la Fédération régionale des travaux publics Occitanie, lors d’une visite sur site dans le cadre de la semaine Acteurs pour la planète. En d’autres termes, faire de cette réhabilitation "une contribution à la décarbonation des mobilités". Le projet a été remarqué et primé dans la catégorie voirie et aménagement de l’espace public dans le cadre des victoires de l’investissement local, portées par la Fédération nationale des travaux publics et l’Association des maires de France. Le projet est en lice pour une consécration nationale.

Le bon plan : des navettes

Du 15 avril au 31 octobre, la navette Lio n°252 circule entre Florac et Alès pour parcourir la voie verte et les villages environnants ! Au départ de Florac ou Sainte-Cécile-d’Andorge, arrêts possibles tout au long du parcours. Les minibus peuvent transporter vélos et VTT électriques. Le transport de vélos se fait sans réservation en juillet et août et sur réservation préalable au 04 66 65 19 88 du 15 avril au 31 octobre. Pour tout savoir : cevennes-montlozere.com

Côté lozérien, de l’ancienne gare de Florac, la voie rénovée s’étend sur le flanc de montagne proche de la RN106 en passant par la passerelle métallique fraîchement construite, peu après la route de La Vallette, Le Pont Manqué. C’est à cet endroit que le viaduc initial avait été détruit et remplacé par un autre pour faire passer la route nationale élargie.

Un premier tronçon avant une suite

Loïc Jeanjean, président du Syndicat mixte d’aménagement de la ligne verte des Cévennes, aux côtés d’André Deleuze, ancien président du syndicat, s’est félicité de l’avancée du projet : "Nous représentons cinq communes sur le tracé de la Cévenole. C’est un projet de longue haleine. Depuis quarante ans, les élus cherchaient un moyen de recycler cette voie. Aujourd’hui, 49,9 km sont à valoriser avec un nombre inqualifiable d’ouvrages à exploiter. Nous en sommes à 15 km de réhabilitation de part et d’autre pour favoriser les mobilités douces."

Cette première tranche terminée, pour un coût de 3,6 M€, verra forcément une suite : "Nous allons tenter de connecter les deux bouts de la ligne, en allant chercher des financements du côté de l’État, du Département, de la Région, de l’Europe", a ajouté Loïc Jeanjean. L’idée fait consensus auprès des élus et techniciens : "Nous allons rapidement faire sauter les points bloquants. Il faut trouver les financements et les moyens techniques. D’ici trois à cinq ans, 20 km de plus seront libérés", selon eux. Un bel itinéraire qui n’aurait pas déplu à Robert Louis Stevenson et son ânesse.

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