“L’administration veut tuer nos traditions !” Vers une annulation des fêtes de la Saint-Pierre au Grau-du-Roi ?

"L'administration veut tuer nos traditions !" Vers une annulation des fêtes de la Saint-Pierre au Grau-du-Roi ?

Le nombre de personnes embarquées sur les bateaux, point de discorde insoluble pour les organisateurs. Midi Libre – Correspondant

Les organisateurs annoncent jeter l'éponge face aux normes qui se rajoutent chaque année. Si elle reçoit des soutiens politiques, la préfecture veut tempérer et préserver le dialogue. 

"Depuis 1991, en partenariat avec la commune, l’association graulenne des Fêtes de la Saint-Pierre et des pêcheurs œuvre pour assurer la pérennité des Fêtes de la Saint-Pierre. Il est important de noter qu’aucun accident n’est à déplorer en presque 35 ans d’organisation ! Depuis 2019, nous luttons et nous essayons de nous adapter à une réglementation très contraignante imposée par les autorités maritimes. Aujourd’hui, les obligations administratives, logistiques et humaines sont impossibles à tenir pour l’organisation de cette manifestation. Ne pouvant pas honorer notre engagement d’assurer et d’organiser les Fêtes de la Saint-Pierre dans le respect de nos traditions, nous avons donc fait le triste choix de ne pas organiser la Fête de la Saint-Pierre". La sentence est tombée comme un couperet : l’annulation des fêtes de la Saint-Pierre, rendez-vous traditionnel du Grau-du-Roi, semble désormais actée.

"La Saint-Pierre, ce n’est pas l’apéro ou faire tourner les serviettes !"

Pour les organisateurs, mieux vaut un "pas de fêtes, plutôt que des fêtes tronquées". Mais pour David Papy, président de l’association, cette décision sonne surtout comme un aveu d’échec : "Cela fait cinq ans que l’administration s’acharne. Cinq ans que, chaque année, on nous rajoute des réglementations supplémentaires." Ce qui a fait que le comité directeur a décidé de jeter l’éponge ? L’impossibilité de transporter famille et amis sur leur bateau : "Ce qu’on demande, c’est qu’on puisse embarquer 40 % du poids que peut supporter le bateau. On est sur des chalutiers de 25 mètres, pas des petites barques ! Cela fait quarante personnes, que l’on entoure avec toute la sécurité nécessaire… Depuis cette année, on nous demande d’être à 25 % du poids ou à douze passagers si on n’a pas de dossier de stabilité. Ça suffit…"

Le marin rappelle ainsi les avancées déjà consenties : "On est toute l’année sur l’eau, peste David Papy. On a équipé tous les bateaux de gilets de sauvetage, on a travaillé sur la sécurisation, sur la formation, mais ce n’est jamais assez… Je jette l’éponge." Un agacement d’autant plus lié, plaide-t-il, à ce que représente la Saint-Pierre : "La Saint-Pierre, ce n’est pas l’apéro ou faire tourner les serviettes !, peste David Papy. C’est avant tout une commémoration de nos anciens, un hommage à nos morts disparus en mer. C’est ça le pardon de Saint-Pierre !" Rappelant ainsi l’importance, comme il est possible de se rendre au cimetière pour honorer les siens, "de pouvoir être ensemble pour la bénédiction des bateaux et des familles, participer à la messe sur l’eau".

Des soutiens politiques

La nouvelle d’une possible annulation a rapidement provoqué de multiples réactions, à commencer par celles du maire de la commune du Grau, Robert Crauste. Qui, dans un long courrier adressé au préfet, soulignait "tous les efforts que les armateurs ont consentis pour répondre aux impératifs de sécurité et je peux en témoigner". Le premier édile indique ainsi qu’en "solidarité, je me dois d’annuler les animations programmées par la ville". Et Robert Crauste de souligner l’impact émotionnel de cette situation sur les pêcheurs et leur famille qui sont tant attachés à ces journées de souvenirs et de partage". Le député Nicolas Meizonnet a, de son côté, interpellé le secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires : "Pour perdurer dans son format historique, la manifestation nautique annuelle des fêtes de la Saint-Pierre et des pêcheurs du Grau-du-Roi a besoin que le droit s’adapte à sa spécificité."

Face à cette situation, la préfecture ne ferme pas la porte à la discussion, rappelant qu’un "cadre dérogatoire d’emport de 27 personnes lors des fêtes de la mer" était permis. Rajoutant que si "l’association revenait sur sa décision d’annulation, les services de l’État compétents pourront apporter leur accompagnement". En attendant que l’ensemble des parties retourne peut-être à la table des discussions, ce samedi 13 avril, à l’occasion des Graulinades, les pêcheurs porteront brassard et tee-shirt noir pour, précise David Papy, "dénoncer une administration qui veut tuer nos traditions".

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