“Nous avons été bloqués quinze jours en Nouvelle-Calédonie” : un couple de Montpelliérains témoignent

"Nous avons été bloqués quinze jours en Nouvelle-Calédonie" : un couple de Montpelliérains témoignent

Stéphane et son épouse juste avant leur rapatriement avec Air Calédonie. DR – DR

Un couple de Saint-Gély-du-Fesc faisait partie des nombreux touristes qui ont été bloqués sur l’île après les émeutes survenues le 14 mai. Rentrés le 1er juin, ils témoignent.

Stéphane et son épouse, qui résident à Saint-Gély-du-Fesc, ont vécu un premier voyage contrasté en Nouvelle-Calédonie. Alors qu’ils devaient rentrer le 16 mai, ce n’est que le 1er juin qu’ils ont enfin pu rejoindre la métropole. Ils racontent.

Comment s’est passé votre voyage ?

Très bien dans un premier temps. Mais alors que nous étions partis le 26 avril et que nous devions rentrer le 16 mai, les émeutes et les blocages ont débuté le 14. Nous étions sur l’île des Pins, où notre sécurité était assurée. Nous avons été confinés dix jours dans un hôtel magnifique, mais avec des frais importants. Le 24 mai, nous avons pu rejoindre Nouméa par bateau avec l’espoir de prendre le premier avion dès le lendemain, mais ça n’a pas été le cas. L’aéroport est resté fermé.

Quelle était l’ambiance là-bas ?

Le climat y était plus tendu et nous avons dû financer notre hébergement. Pendant neuf jours, nous vérifions les mails toutes les dix minutes au cas où il y aurait de la place pour nous sur un vol de rapatriement. Nos valises étaient toujours prêtes, mais notre départ a été sans cesse repoussé. Le quotidien à Nouméa, c’était aussi de trouver de quoi manger avant 18 h, l’heure du couvre-feu. Ce qui était stressant, c’est aussi les dépenses qui s’accumulaient, plusieurs milliers d’euros en plus de ce que nous avions prévu.

Quand avez-vous pu repartir ?

Nous avons pu avoir un avion le samedi 1er juin. C’était un des premiers vols de rapatriement. Mais contrairement à ce que nous avaient dit les organisateurs, nous n’avons pas pu garder nos deux bagages en soute à la douane de Singapour. Tous les passagers devaient abandonner des objets dans l’aéroport. Nous avons jeté les huit pots de confiture que nous rapportions en cadeau. C’était symbolique, mais ça s’ajoutait à beaucoup de désagréments.

“Les autorités étaient débordées”

"Que fait l’État ?" Selon Stéphane, c’était la question récurrente en Nouvelle-Calédonie, à partir du 14 mai. "Les Australiens ont été rapatriés très vite, ainsi que d’autres nationalités, témoigne-t-il. Mais les Français, qui se trouvaient pourtant sur un territoire français, étaient bloqués. Les rapatriements étaient à la fois très lents et très mal gérés. Nous n’avions aucune information des autorités qui étaient débordées. Nous avions pourtant pris les assurances nécessaires".

"C’est grâce au groupe Facebook "Touristes bloqués en NC" que nous avons pu trouver de la solidarité et nous faire entendre du Haut-Commissariat de Nouvelle-Calédonie. Nous avons prévu de faire le point avec toutes les personnes qui ont été lésées afin d’engager une action commune."

Avez-vous rencontré des gens qui étaient dans la même situation que vous ?

Tous les cas de figure étaient représentés. Avec nous dans l’avion, il y avait deux Montpelliérains qui étaient partis en Nouvelle-Calédonie pour travailler jusqu’en août. Ils sont rentrés car il n’y a plus de travail là-bas. De nombreux secteurs seront à l’arrêt pour longtemps. Beaucoup de Calédoniens cherchent aussi à quitter l’île, car ils ont eu peur pour leur sécurité.

Et une fois rendus à Paris ?

Nous avons dû financer nous-mêmes notre vol pour Montpellier, le dimanche soir, pour reprendre le travail le lundi matin. Je travaille dans une grosse entreprise et mon épouse dans une collectivité. C’était vraiment tendu, mais nous avons eu la chance de retrouver nos familles et notre cadre de vie. Alors que beaucoup de gens sont toujours bloqués en Nouvelle-Calédonie, parfois loin de Nouméa, avec des problèmes de sécurité ou de finances bien supérieurs aux nôtres.

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