“Pour eux, c’est la double peine” dénonce l’opposition : tramway et bus coûteront plus cher pour les habitants hors métropole de Montpellier

"Pour eux, c'est la double peine" dénonce l'opposition : tramway et bus coûteront plus cher pour les habitants hors métropole de Montpellier

Bus et tramway seront plus chers à la rentrée pour les non-métropolitains. Midi Libre – MICHAEL ESDOURRUBAILH

Au 1er septembre, le ticket passera de 1,60 € à 1,90 €, et le carnet de 10 voyages de 10 à 15 €, pour tous ceux qui ne bénéficient pas du Pass Gratuité. Cela ne manque pas de faire réagir Alenka Doulain.

Depuis le 21 décembre dernier, les transports en commun sont gratuits pour les 500 000 habitants de la métropole de Montpellier, qui est devenue la plus grande collectivité d’Europe à faire ce choix. Mais bus et tramway demeurent payants pour tous les autres.

Ces tarifs vont même augmenter au 1er septembre, comme l’a voté le conseil métropolitain ce 9 juillet. Le ticket à l’unité passera de 1,60 € à 1,90 €, et le carnet de 10 tickets de 10 à 15 €.

Lors du conseil, Alenka Doulain, présidente du groupe Mupes, a déploré ces hausses destinées aux non-métropolitains, estimant qu’elles "alimentent la fracture territoriale."

Selon elle, Depuis le 21 décembre dernier, les transports en commun sont gratuits pour les 500 000 habitants de la métropole de Montpellier, qui est devenue la plus grande collectivité d’Europe à faire ce choix. Mais bus et tramway demeurent payants pour tous les autres. Ces tarifs vont même augmenter au 1er septembre, comme l’a voté le conseil métropolitain ce 9 juillet. Le ticket à l’unité passera de 1,60 € à 1,90 €, et le carnet de 10 tickets de 10 à 15 €.

Ce qu’il en coûtera aux non-métropolitains

Titre unitaire

À partir du 1er septembre, "le titre unitaire du réseau Tam passera de 1,60 € à 1,90 €, s’établissant ainsi dans la moyenne des métropoles, explique la collectivité. La durée de validité a déjà augmenté de 1 h à 1 h 30, là où les autres réseaux restreignent l’usage à une heure ou à un aller simple."

Carnet 10 tickets

Revalorisé de 10 à 15 €, "il restera toujours parmi les moins chers des grands réseaux français."

Forfait P + tram

"Le prix des forfaits P + TRAM n’augmente pas et sera maintenu à 5,20 €, tout en offrant plus de service avec un accès illimité pour tous les occupants d’une voiture à tout le réseau Tam pendant toute une journée. Il s’agit d’un tarif attractif au regard de ce qui est pratiqué sur l’ensemble des réseaux français."

"À la suite des retours des usagers, la Métropole permettra désormais aux détenteurs d’un Pass Gratuité d’accéder aux parkings P + TRAM, même sans application M’Ticket sur smartphone, avec leur carte sans contact, sous réserve d’une démarche spécifique auprès de TaM."

Nouveaux titres

"De nombreux titres seront créés : du ticket de 4 heures (3,50 €) à l’abonnement de 7 jours (20 €)."

Véloplage

Ce service estival reste gratuit pour les Métropolitains détenteurs d’un Pass Gratuité mais il est devenu payant pour les non-métropolitains depuis le 1er juillet.

Lors du conseil, Alenka Doulain, présidente du groupe Mupes, a déploré ces hausses destinées aux non-métropolitains, estimant qu’elles "alimentent la fracture territoriale."

Selon elle, "la gratuité des transports ne profite qu’aux habitants du cœur de la Métropole, laissant ceux des territoires voisins, souvent travailleurs ici, payer des tarifs de plus en plus élevés (d’autant plus que) la plupart paye le versement mobilité dans leur entreprise. Pour eux c’est la double peine".

L'élue d'opposition n’a pas manqué de faire le rapprochement avec les scores très élevés du Rassemblement National, aux élections européennes et législatives, autour de Montpellier. "Ce genre de décision fabrique sans conteste du vote RN", déplore l’élue.

"Avec 38 % de hausse du coût de l’énergie, et même 50 % depuis 2022, toutes les grandes métropoles ont fait évoluer leur grille tarifaire, lui a répondu Julie Frêche, vice-présidente de la Métropole déléguée aux mobilités. Une grande partie du coût du ticket est toujours financée par la Métropole. Pour le ticket ou les dix trajets, nous restons la métropole la moins chère de France pour les hors Métropolitains ou les touristes quand on ramène le coût du ticket à l’heure."

"Le prix des titres occasionnels de transport n’avait pas augmenté depuis 2016, en dépit de l’inflation et des investissements plus récemment engagés pour accroître l’offre", rappelle aussi la Métropole.

“Des trajets stigmatisés”

“Les oubliés de la République”. C’est le titre d’un ouvrage d’André Broto, spécialiste des mobilités routières. Il s’intéresse aux habitants des périphéries ou de la ruralité qui font quelques dizaines de kilomètres pour aller travailler chaque jour dans les grandes villes.

"Ils se déplacent à 92 % en voiture. Leurs trajets sont stigmatisés car polluants et peu efficients. Les politiques de mobilité ont pris en compte les déplacements courts – dans les agglos – et longs – à l’échelle du pays – mais pas ceux qui sont intermédiaires. Or, depuis les années 90, le nombre d’heures de smic nécessaires pour d’acheter une voiture n’a cessé d’augmenter. Avec la hausse du prix des carburants et les problèmes géopolitiques, ce sont les premiers à subir le renchérissement du coût de la vie. D’autant que depuis quelques décennies, les emplois, les commerces, les services administratifs et la culture se sont concentrés en ville, ce qui a entraîné des déplacements supplémentaires. Tout ceci concourt à aggraver la fracture territoriale. Depuis les gilets jaunes, on a compris que ces “oubliés” étaient nombreux et qu’il fallait s’occuper d’eux."

"Nous travaillons avec huit intercommunalités"

Ce mardi 9 juillet, le ministre des transports, Patrice Vergriete, a signé le décret confirmant que la Métropole de Montpellier est labellisée au titre du Service express régional métropolitain (Serm), initialement appelé “RER métropolitain”.

L’objectif du Serm est d’améliorer la desserte entre une ville centre et sa zone périurbaine en renforçant l’offre ferroviaire, et en la complétant si nécessaire par d’autres modes.

"Ce que nous avons sur l’est, avec des TER cadencés, il faut que nous l’ayons sur l’ouest vers Sète mais ce sera long avec le financement LGV, souligne Michaël Delafosse. Vers le nord, un enjeu majeur, nous allons déployer des bus express. Cette démarche nous permet de penser notre offre de transport à l’échelle du grand bassin de vie. Nous avons proposé à des EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) et des communes d’adhérer en prenant en charge 60 % du coût des transports, ce qui ne laisserait que 40 % à la charge de leurs usagers."

"Depuis un an, nous travaillons avec les huit intercommunalités voisines qui correspondent au périmètre du Serm", a ajouté la vice-présidente Julie Frêche.

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