Promotion immobilière : l’inquiétude des salariés d’Amétis les conduit à saisir le tribunal de Montpellier

Promotion immobilière : l’inquiétude des salariés d’Amétis les conduit à saisir le tribunal de Montpellier

Le siège d’Amétis entre le Millénaire et Grammont. Midi Libre – JEAN MICHEL MART

L’entreprise Amétis, de production de logements sociaux, filiale du groupe Hugar de François Fontès a perdu de nombreux salariés en deux ans et réduit son activité. L’architecte assure que ça va mieux mais les représentants du personnel ont décidé de saisir la justice.

Des élus du personnel qui attaquent leur employeur devant le tribunal correctionnel : la procédure n’est pas courante. C’est pourtant cette voie dite du "délit d’entrave" que les membres du comité social et économique d’Amétis ont choisi, ne s’estimant pas ou peu informés de la situation financière de leur entreprise, de sa stratégie. 

Effectifs diminués de moitié en deux ans

Un recours judiciaire en forme d’électrochoc susceptible de nourrir ou, à l’inverse, d’apaiser leurs inquiétudes sur leur avenir. Amétis est spécialisée dans la production de logements sociaux sur le territoire national et fait partie du groupe immobilier Hugar constitué par l’architecte montpelliérain François Fontès. Elle est aussi propriétaire du groupe de librairies Sauramps.
Le groupe Amétis, qui comprend plusieurs filiales régionales est passé de 156 salariés présents au début de l’année 2022 à 72 à la fin 2023. Une réduction de moitié des effectifs qui pose question selon les représentants du personnel. "Comment dans ces conditions, la pérennité de l’exploitation est-elle assurée ?" interrogeaient-ils en septembre 2023 dans un document interne. "Les départs de notre personnel qualifié et opérationnel, de manière massive et brutale, qui ont également fini par toucher les membres de la direction, confirment le manque de confiance du personnel en l’avenir de notre groupe et le manque d’adhésion à ce qui est mis en place par la direction" ajoutaient-ils, rappelant qu’ils ne disposaient pas des comptes de l’entreprise pour 2022 et 2023. 

Trois dirigeants cités à comparaître 

Ce mercredi, trois des dirigeants d’Amétis étaient donc cités à comparaître devant le tribunal correctionnel : outre François Fontès, l’ancien directeur des ressources humaines Mathieu Delacroix et l’ex-directeur général du groupe, Christophe Pérez, également passé par la Serm (société d’équipement de la région montpelliéraine, désormais Altémed) et parti l’été dernier.

Le dossier considéré comme "urgent" par les représentants du personnel a été renvoyé au 4 mars prochain pour un problème de procédure. François Fontès n’était pas présent ce mercredi mais, joint au téléphone, relativise le contentieux. "Ce sont des chicailleries de personnes, de la part de salariés qui sont en arrêt maladie. Il n’y a rien de fondé, de fondamental, j’aurai l’occasion de m’en expliquer. Ce sont des problématiques internes qui vont être résolues". L’architecte assure qu’il "n’y a pas de difficultés sur la solidité d’Ametis. Le bilan a été positif et, en 2024, ce sera encore mieux. Il y avait trop de personnel et de personnel inadapté. Beaucoup ont souhaité partir" précise-t-il. 1 500 logements doivent être livrés par Amétis en 2024 et François Fontès observe que l’activité de production de logements sociaux reste soutenue, moins impactée que l’activité de la promotion privée classique. Reste à convaincre les salariés de ces rassurantes perspectives.

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