Une initiative inattendue dans les Pyrénées-Orientales : aux Plantations d’Acapella, un thé premium 100 % made in Occitanie

Une initiative inattendue dans les Pyrénées-Orientales : aux Plantations d’Acapella, un thé premium 100 % made in Occitanie

Jean-Marc Sanchez a imaginé, dans les Pyrénées-Orientales, un thé premium d’Occitanie. Midi Libre – MICHAEL ESDOURRUBAILH

Ingénieur agronome, Jean-Marc Sanchez a lancé, il y a 4 ans, des plantations inattendues à Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales. Il vise une production « entre 200 et 300 kg » cette année.

Du thé planté au pied de la Côte des Albères, sur les vastes plaines qui dessinent la commune de Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales. Il fallait non seulement y penser, mais, surtout, oser. Jean-Marc Sanchez l’a fait.

Ingénieur agronome de formation, ce catalan d’origine, qui a fait ses études à l’école d’ingénieurs de Purpan, à Toulouse, s’est lancé un défi improbable : faire pousser du thé dans les Pyrénées-Orientales. Et ce défi, il l’a non seulement relevé, mais il l’a réussi, avec Les Plantations d’Acapella, sa société créée en 2021.

"19 variétés de thés différentes"

"Il y a là 19 variétés de thés différentes", lâche-t-il en balayant du regard les longues et rectilignes rangées de plants, qui poussent sur les 4 hectares de terrain aménagés sous une immense serre photovoltaïque.

Aujourd’hui, son thé vert, son thé noir et son thé blanc se vendent dans plusieurs boutiques spécialisées. On le retrouve aussi sur la carte du restaurant étoilé La Balette, à Collioure.

"Un thé cultivé sous serre est doux"

C’est en parcourant le monde à prodiguer ses conseils d’ingénieur agronome que Jean-Marc Sanchez, 51 ans, a eu une idée folle : pourquoi ne pas planter du thé et du café dans la région ?

"Il suffit d’évaluer les paramètres agronomiques pour ce genre de culture, explique-t-il. Pour y parvenir, il suffit de refaire une ambiance, avec la serre, de recréer un écosystème. Agronomiquement, on sait faire ça, on y arrive".
Son "modèle" est, comme il le décrit lui-même, "inédit".

Une démaille décrochée à Shanghai

"Inédit par sa localisation, dans les Pyrénées-Orientales, par son ampleur, avec plus de 30 000 théiers, et singulier par ses plantations sous serre". Il a visiblement vu juste, puisque le thé noir des Plantations d’Acapella a, au printemps dernier, décroché la médaille d’argent à une grande manifestation professionnelle organisée à Shanghai, en Chine.

C’est dire. L’an dernier, c’est lors d’une manifestation similaire, organisée au Japon et dédiée au thé, que la marque a décroché une médaille. "Un thé cultivé sous serre, ça donne un thé particulier, très doux. La plante n’est pas stressée".

Il a mis au point un "nez électronique"

Campé dans une volonté de cultiver dans le respect des règles de l’agriculture biologique, il doit veiller à ne pas sortir des clous. "Dès le départ, j’ai choisi de m’orienter vers une stratégie de thé premium", insiste Jean-Marc Sanchez.

Il a repris, pour cela, les codes de l’œnologie, un domaine qu’il a fréquenté dans une précédente vie professionnelle, en travaillant notamment sur l’analyse sensorielle, en mettant au point un "nez électronique".

"J’étais face à deux challenges"

Cela veut dire "l’importance de l’origine, du terroir, de la fermentation et des méthodes de dégustation", comme on le rappelle du côté d’Ad’Occ, l’agence de développement économique de la Région Occitanie, qui l’a accompagné à ses débuts.

Une culture de plus en plus française

Dans une note publiée en mai dernier par l’assemblée des Chambres d’agriculture de France, cette dernière rappelait un constat pour le moins insolite : on cultive de plus en plus de thé en France. À l’initiative d’agriculteurs innovants. "La France produit 1 500 tonnes de thé par an", est-il précisé. Les plantations sont "disséminées" sur le territoire national, en Bretagne, dans les Landes, en Normandie, et donc en Occitanie. "Le théier entre véritablement en production entre la troisième et la cinquième année. L’investissement est par ailleurs important, environ 50 000 euros par hectare". C’est en s’appuyant sur cet intérêt des Français que David Macq a lancé il y a plus de 5 ans une plantation de thé à Saint-Ambroix, dans le Gard. Il a repris la ferme de Bruguerolle et développe une production de thés purs sous la marque Thé des Cévennes. "Je récolte petit à petit, je pense que je récolterai entre 2 et 3 kilogrammes", précise-t-il.

"J’étais face à deux challenges, insiste le planteur. Le premier, c’était d’arriver à faire pousser des plants en qualité. Le second, c’est maintenir d’assurer une bonne commercialisation avec l’augmentation de la production". L’an dernier, ses plantations ont donné 50 kg de thés. Il vise, cette année, "entre 200 et 300 kg".

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