Violation de domicile du président des vins de Pays d’Oc : deux viticulteurs libres mais une profession très remontée

Violation de domicile du président des vins de Pays d’Oc : deux viticulteurs libres mais une profession très remontée

Il était reproché à Benjamin Bories et Florent Allier, qui ont passé la nuit en garde à vue, de s’être présentés, début avril, devant le domicile de Jacques Gravegeal pour "réclamer des explications" à la suite de l’éviction d’un des leurs. Le procès est prévu le 16 juillet prochain. 

Dire que l’épisode judiciaire vécu par des vignerons pour s’être introduits au domicile du président du syndicat des vins Pays d’Oc accentue un peu plus la colère vigneronne dans la région, relève de l’euphémisme.

Ce mercredi 22 mai, il y avait un comité d’accueil d’une cinquantaine de viticulteurs dès le matin pour témoigner de cette tension. Ils sont venus sur le parvis de la cité judiciaire de Montpellier, sous surveillance policière, pour soutenir Benjamin Bories, 40 ans, viticulteur à Servian (Hérault) et Florent Allier, 42 ans, viticulteur à Aspères (Gard). A qui il était reproché de s’être, le 6 avril au matin, présentés au domicile du président du syndicat des vins Pays d’Oc IGP, Jacques Gravegeal pour avoir une explication.

"Contrôle judiciaire léger"

Menaces ? Violation de domicile ? Deux vignerons sur six convoqués, qui ont passé une nuit en garde à vue, l’un à la gendarmerie de Saint-Georges-d’Orques, l’autre à celle de Saint-Jean-de-Védas ont dû en répondre. Déférés au parquet le matin puis présentés devant un juge des libertés et de la détention pour une décision plutôt clémente. En décidant de les remettre en liberté avec "un contrôle judiciaire léger", comme le confirme Me Jean-Robert Phung, avocat de Benjamin Bories un peu désabusé : "Il n’y a aucune violation de domicile. Ils se sont présentés, ils sont venus pour discuter. Ils ont sonné à la porte. Puis quand Mme Gravegeal a dit que Jacques Gravegeal n’était pas là, ils sont repartis en disant : "Au revoir madame et merci".

Violation de domicile du président des vins de Pays d’Oc : deux viticulteurs libres mais une profession très remontée

En l’espèce, le JLD a tout de même décidé de les interdire de se rendre au domicile de Jacques Gravegeal ou même de le croiser, lui ainsi que son épouse.

Appel au calme

Les deux prévenus sont ressortis libres mais séparément. Car ils n’ont pas le droit d’être en contact. Une mesure de plus qui fait dire à Me Gilles Gauer, avocat de Florent Allier que l’on "finit à s’habituer à ces traitements disproportionnés. Une convocation simple aurait pu suffire, la garde à vue était inutile, passée une nuit dans les geôles a fortiori".

En vieux sage, Jean Huillet ex-syndicaliste est venu en appeler au calme : "Ils n’attendent que ça pour nous donner tort. Il faut rester digne". Pour autant, il regrettait qu’un responsable syndical comme M. Gravegeal "refuse le dialogue. Quand on est un responsable syndical on parle avec les vignerons car ce sont eux qui nous élisent, on ne les envoie pas au tribunal".

"M. Gravegeal a le bras long mais nous, on a les mains dans la terre"

"J’ai passé une nuit de garde à vue pour avoir raconté la vérité. Que je suis allé chez Jacques Gravegeal et que quand on m’a dit qu’il n’était pas là, je suis reparti. Il n’y a pas eu de menaces, on voulait juste des explications", explique Florent Allier. Le comité venu à 7 h le matin voulait comprendre pourquoi le secrétaire général, Gérard Bancillon, avait été écarté du conseil d’administration sans explications du patron de l’IGP Pays d’Oc.

Violation de domicile du président des vins de Pays d’Oc : deux viticulteurs libres mais une profession très remontée

"M. Gravegeal a le bras long mais nous, on a les mains dans la terre. Mais notre combat continuera. Il nous reste notre courage", s’indigne le viticulteur de Servian Benjamin Bories après avoir longuement embrassé son père, Martial Bories, président des Vignerons de l’Occitane, très en colère aussi. Au prétexte que "M. Gravegeal ne peut pas rester notre président, il ne peut pas rester en place. Il doit démissionner".

Plainte pour dénonciation calomnieuse

Florent Allier s’est indigné devant ses amis venus le soutenir : "Qu’un paysan porte plainte contre un paysan, c’est quand même terrible. J’en dirai pas plus. Je souhaite juste que la viticulture s’en sorte".

Preuve que la colère reste sourde et que l’affaire n’est pas soldée, Jean-Marie Trémoulet, viticulteur depuis 50 ans à Gailhan (Gard) qui a fait partie aussi des personnes convoquées en gendarmerie a décidé de porter plainte contre M. Gravegeal pour dénonciation calomnieuse : "Il a dit que j’étais là alors que j’étais à l’hôpital pour des gros soucis de santé", s’indigne-t-il.

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Et l’affaire n’est pas tout à fait terminée puisque Benjamin Bories et Florent Allier sont convoqués devant le tribunal de Montpellier le 16 juillet prochain. Pour un nouveau round et un nouveau cri de colère et d’injustice poussé par ces vignerons excédés…

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