“Au moindre doute, peu importe la violence, il ne faut pas hésiter à venir” : la Maison des femmes de Montpellier ouvre ses portes

"Au moindre doute, peu importe la violence, il ne faut pas hésiter à venir" : la Maison des femmes de Montpellier ouvre ses portes

Une équipe est accueillante et à l’écoute. Midi Libre – JEAN-MICHEL MART

La Maison des Femmes Agnès McLaren a ouvert ses portes ce lundi 1er juillet pour accueillir et accompagner les femmes victimes de violence 

Quand on pousse le petit portillon sur l'avenue de la Pompignane, l'atmosphère est de suite sécurisante. Il faut dire que le lieu a été pensé pour que les femmes victimes de violences puissent trouver un endroit serein où elles vont pouvoir être accompagnées selon leurs besoins.

La Maison des femmes Agnès McLaren, dont la marraine est Alexandra Lamy, a ainsi ouvert ses portes en toute discrétion à Montpellier – contexte politique oblige – ce lundi 1er juillet.

La bâtisse est aménagée avec goût, la décoration est accueillante, le jardin est fleuri, le mobilier porte encore quelques étiquettes… Et l'équipe souriante, avenante et bienveillante. C'est dans cet écrin que les souffrances vont pouvoir s'exprimer avec l'objectif de permettre de trouver une issue à une situation de violence.

"Au moindre doute, peu importe la violence, il ne faut pas hésiter à venir" : la Maison des femmes de Montpellier ouvre ses portes

Des salles aménagées avec soin. Midi Libre – JEAN-MICHEL MART

"Au moindre doute, peu importe la violence, il ne faut pas hésiter à venir" : la Maison des femmes de Montpellier ouvre ses portes

Des salles équipées pour les soins médicaux. Midi Libre – JEAN-MICHEL MART

Pour les femmes victimes de violences, peu importe lesquelles

"C'est un lieu ressource qui permet à chaque femme d'être reçue et écoutée pour ensuite pouvoir être guidée comme elle l'entend", explique le Dr Marion Garbay, gynécologue et coordinatrice de la structure. Ici chaque femme pourra être prise en charge dans sa globalité.

Sur place, secrétaire médicale, assistante sociale, gynécologue, sage-femme, psychologue, juriste, addictologue, personnes qui s'occupent d'enfants… vont se relayer afin d'accompagner dans son ensemble les femmes qui le voudront. 

"Il y a différentes formes de violences : physiques, sexuelles… Au moindre doute, peu importe la fréquence ou l'intensité de la violence, il ne faut pas hésiter", complète la médecin. "Ce qui est important, c'est de pousser la porte."

Des prises en charge pour chaque situation

– Prise en charge transversale pour toutes les femmes victimes de violences : conjugales, intrafamilliales, sexuelles, sexistes, administratives… avec un suivi coordonné au niveau médical, mais aussi psychologique, juridique, social, aide à la reconstruction, à la réinsertion…

– Les femmes enceintes : "La grossesse peut être un facteur très à risque, elle peut être un révélateur de violences au sein d'un couple. C'est le moment qui peut déclencher des violences ou les aggraver", explique le Dr Garbay. La femme se retrouve en situation de fragilité, de vulnérabilité, mais c'est aussi le moment où elle est le plus suivie au niveau médical. "Ce qui permet de dépister les violences et de les aider."

– Contraception et IVG : conseiller les victimes de violences sur une contraception adaptée et d'organiser des IVG.

– Mutiliations sexuelles féminines : un accompagnement complet peut être envisagé avec consultation, chirurgie réparatrice…

– Pas d'hébergement : Dans la maison de la Pompignane, il n'y a pas d'hébergement possible, mais en fonction de la situation, les femmes pourront être dirigées vers un hébergement d'urgence.

Faciliter le parcours et créer du collectif

"Au moindre doute, peu importe la violence, il ne faut pas hésiter à venir" : la Maison des femmes de Montpellier ouvre ses portes

Il suffit de franchir la porte pour pouvoir être aidée. Midi Libre – JEAN-MICHEL MART

Quelques minutes après l'ouverture officielle de cette maison pas comme les autres, une femme ose franchir la porte. Elle dit vouloir "juste se renseigner". Elle est accueillie dans un petit bureau où elle va raconter son histoire, déversant des flots de paroles, sans s'arrêter, donnant les détails sur ce qu'elle a subi. Elle a déjà cherché de l'aide mais ne sait pas vers qui se tourner. "Nous facilitons le parcours qui peut être compliqué", souligne Aline Faucherre qui est à l'origine du projet et également présidente du CIDFF, le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles. 

"Et nous misons sur le collectif, en organisant des groupes de paroles ou des rencontres, afin que les femmes arrivent à sortir de la solititude, de la honte, de la culpabilité et puissent partager leur expérience avec une autre compréhension."

Une co-construction unique

Rassembler des professionnels adéquats en un même lieu pour simplifier les étapes : c'était l'idée de départ. Inspirée par la venue de Ghada Hatem, gynécologue, fondatrice de la première Maison des femmes située à Saint-Denis lors d'une rencontre à Montpellier, la création de la structure montpelliéraine aura pris deux ans grâce à un partenariat "une co-construction unique" entre le CHU et le Pr Pierre Boulot et l'association qui protège les femmes. "Il y a une vraie utilité et des forces complémentaires", souligne Aline Faucherre pas peu fière du résultat.

Agnès McLaren, première femme médecin de la fac de Montpellier

Agnès McLaren (1837-1913) a été, en 1878 la première femme médecin diplômée par la faculté de Médecine de Montpellier. Écossaise et suffragiste, elle a combattu pour les droits des femmes : reconnue pour son aide apportée aux femmes indiennes qui ne pouvaient pas être soigné par un médecin homme, elle a aussi milité contre le commerce des esclaves blancs et pour le droit de vote des femmes. 

"Au moindre doute, peu importe la violence, il ne faut pas hésiter à venir" : la Maison des femmes de Montpellier ouvre ses portes

Une inauguration en présence d’Alexandra Lamy, la marraine du lieu. Ville de Montpellier – Frédéric Damerdji

Alexandra Lamy comme marraine et une inauguration discrète

La comédienne Alexandra Lamy est marraine de la Maison des femmes de Montpellier. Elle a participé à la première inauguration le 27 juin dernier en présence seulement de l'équipe au vu du contexte politique.

L'actrice a confié : "Je suis très honorée d'être l'ambassadrice de la maison des femmes. Depuis ma rencontre avec Ghada Hatem, je soutiens ce projet, un lieu unqiue pour les femmes victimes de violences, une structure médico-sociale où des professionnels de la santé, du droit, de la justice accompagnent les femmes victimes de violences. En France chaque année 93 000 femmes sont victimes de viol ou de tentatives de viol, 220 000 victimes de violences conjugales."

"Des dizaines de maison des femmes s'ouvrent grâce à nos soignants, aux bénévoles, à tous ceux qui sont acteurs e l'accompagnement de ces femmes pour les aider à se reconstruire physiquement, psychologiquement."

Cette maison aux volets verts dépend du CHU mais se trouve physiquement en dehors de l'établissement hospitalier. Elle permet ainsi de ne pas pénétrer dans un lieu trop institutionnel. Ce qui est rassurant et sans obligation pour celles qui choississent de venir : un lieu de répit qui invite à venir parler, se confier, et trouver de l'aide.

"A chaque fois, on pourra évaluer le danger et proposer des solutions", précise la fondatrice. Mais chacune restera maître de son destin. 

La Maison des femmes se situe au 1065 avenue de la Pompignane à Montpellier. Elle est ouverte du lundi au vendredi de 9 h à 16 h 30. Tél. 04 67 33 48 83. Mail : secretariat-mdf@chu-montpellier.fr Ligne de bus 16 arrêt Saint-Jean.

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